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Un train peut en cacher un autre !

Par Dr FRANCES Pierre

Un train peut en cacher un autre !

Publié le Samedi 31 Janv. 2015


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Cas clinique d'une mycose superficielle des pieds - Dermatologie.



 

HISTOIRE

Nicole, 47 ans, intermittente du spectacle, est en villégiature dans notre cité.

Profitant de cette pause, elle vient nous expliquer qu’elle présente depuis plus de 6 mois une diarrhée importante, une asthénie, une anorexie.

De ce fait elle a perdu près de 15 kg en 4 mois ; problème qu’elle attribue au stress.

En fait, ces manifestations ne l’alarme pas. Son motif principal de consultation est centré sur des placards érythémateux, squameux, circulaires, et prurigineux de ses deux pieds (cliché 1).

mycose des pieds

Ces lésions persistent malgré le recours aux dermocorticoïdes.

Compte tenu de l’ensemble de ces éléments cliniques, et de ces lésions, nous avons effectué des prélèvements des pieds, et demandé un bilan sanguin complet.


DIAGNOSTIC

MYCOSE SUPERFICIELLE DES PIEDS


DÉVELOPPEMENT

Le prélèvement cutané permet de retrouver un Trichophytum rubrum.

En parallèle, le bilan biologique objective une sérologie VIH positive (non connue par la patiente).

Les lésions mycosiques des pieds sont plus fréquentes que les mains. Les problèmes circulatoires, le port de chaussures inadaptées peuvent être responsables de ce tableau.

Souvent, les lésions se révèlent prurigineuses, et les plantes sont les plus souvent touchées.

Cliniquement, nous retrouvons un placard érythémateux ou érythémato-vésiculeux qui peut faire penser à une dyshidrose.

Dans certaines situations, les vésicules peuvent devenir des bulles, et occupent la totalité de la surface plantaire.

Une érosion apparaît secondairement, et une surface érythémateuse encerclée par une collerette cornée se dessine.

Une autre forme,  hyperkératosique, peut se voir.

Dans ce cas, la sole est souvent atteinte en totalité, et les bords latéraux prennent un aspect en mocassin.

Plusieurs variétés de Trichophytum sont retrouvés (T. rubrum, T interdigitale, T mentagrophytes, Scopularopsis brevis).

Le traitement repose sur l’utilisation d’antifongiques locaux (imidazolés, terbinafine, triazolés notamment).

Des échecs sont souvent relatés par les patients. Ils résultent d’une application sur une durée trop brève. Pour être efficace, le traitement doit être effectué durant un minimum de 30 jours.

La patiente présente une immunosuppression qui n’explique pas sa mycose superficielle.

Par contre son comportement (souvent les pieds nus) nous éclaire sur l’origine de cette contamination.


Pour en savoir plus

  1. Saurat JH, Lachapelle JM, Lipsker D, Thomas L. Dermatologie et infections sexuellement transmissibles. Ed. Masson 2009.

  2. Noble JP, Lambert D. Les paumes et les plantes. De la clinique au traitement. Ed MED’COM 2005.


AUTEURS

FRANCES Pierre médecin généraliste 1 rue Saint Jean Baptiste 66650 Banyuls sur mer.

BLEAKLEY Charles interne en médecine générale. Programme Hippokrates. Bath. UK.

BODILIS Guenaëlle interne 34000 Montpellier.

CAVAILLEZ Thibaut externe 34000 Montpellier.

 
Mots clés de l'article : Mycose |

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