Santé et Médicament

Guide des consultations :: [ Guide des consultations ]

413321 lectures

Tumeurs des glandes salivaires

Par Dr Meziane Dounia

Tumeurs des glandes salivaires

Publié le Dimanche 08 Févr. 2015


Tumeurs des glandes salivaires sur facebook
Diagnostic,Traitement,Médicaments,Surveillance,Divers - Oncologie.



 

Définition des tumeurs des glandes salivaires:

- Tumeurs bénignes ou malignes des glandes salivaires principales (parotide sous-maxillaire ou sublinguale) ou accessoires (intra-orales, pharyngées...). Le plus souvent, elles évoluent de façon progressive et discrète mais certaines d'entre elles entraînent une tuméfaction péri-glandulaire diffuse cervicale ou intrabuccale sous-muqueuse. Les tumeurs malignes sont caractérisées par les récidives locales et une atteinte des structures nerveuses avoisinantes (carcinome adénoïde cystique) ou des récurrences locales et des métastases ganglionnaires (tumeur muco-épidermoïde, adénocarcinome, carcinome malpighien).

Organes atteints:

- Système nerveux, système digestif

Génétique - facteurs héréditaires:

- Augmentation de l'incidence des adénocarcinomes de la parotide chez les Esquimaux, sans transmission génétique connue (3% de toutes les tumeurs, 6% des tumeurs de la tête et du cou).

Âge de prédilection:

- Tumeur maligne: environ 50-60 ans.
- Tumeur bénigne: moins de 40 ans.

Sexe de prédilection:

- Adénome pléomorphe: femme > homme.
- Autres adénomes: homme = femme.

Étiologie:

- Reste Inconnue.

Facteurs de risque:

- Antécédent de radiothérapie sur la région

Diagnostic des tumeurs des glandes salivaires :

Symptomatologie:

Tumeur bénigne

Tuméfaction localisée à la région parotidienne, cervicale ou intrabuccale selon la glande salivaire atteinte
Tumeur dure (adénome pléomorphe) ou rénittente (cystadénolymphome)
Indolore
Pas d'atteinte du nerf facial
Pas d'adénopathie

Tumeur maligne :

Croissance rapide ou par poussées, sauf carcinome adénoïde cystique
Douleur
Infiltration dure, parfois ulcération cutanéo-muqueuse
Faible mobilité de la tumeur sur les plans profonds
Métastase ganglionnaire cervicale
Paralysie faciale dans les tumeurs de la parotide

Diagnostic différentiel:

- Adénopathie inflammatoire de localisation parotidienne ou sous-mandibulaire
- Calcul des glandes salivaires
- Syndrome de Sjögren
- Syndrome de Mikulicz
- Grenouillette (kyste par rétention de la langue sublinguale)
 

Examens de laboratoire:

- Syndrome inflammatoire.
- Bilan auto-immun.

Anatomie pathologique:

- Sur 100 tumeurs de la parotide, 70 sont bénignes; 21 sont malignes à malignité atténuée et 9 sont malignes.
- Dans les cystadénolymphomes, il existe un stroma réticulaire dense avec des follicules lymphoïdes entre les plages épithéliales glandulaires.

- Type histologique       :

  1. Adénome pléomorphe (45% de toutes les tumeurs).
  2. Adénome (12%).
  3. Carcinome muco-épidermoïde (12%).
  4. Carcinome adénoïde cystique (cylindrome): 6%.
  5. Lésions plus rares: adénocarcinome, carcinome malpighien, cystadénolymphome ou tumeur de Warthin, carcinome canalaire.

- Localisation :

  1. Parotide · 80% de tumeurs bénignes; 20% de tumeurs malignes · 70% d'adénomes pléomorphes; 10% d'adénomes; 12% de carcinomes muco-épidermoïdes; 5% de carcinomes adénoïdes cystiques.
  2. Glande sous-maxillaire · 60% de tumeurs bénignes; 40% de tumeurs malignes · 40% d'adénomes pléomorphes; 10% de carcinomes muco-épidermoïdes; 20% de carcinomes adénoïdes cystiques.
  3. Glandes salivaires accessoires · 40% de tumeurs bénignes; 60% de tumeurs malignes · 40% d'adénomes pléomorphes; 25% de carcinomes muco-épidermoïdes; 25% de carcinomes adénoïdes cystiques.

Examens diagnostiques spécifiques:

- Scintigraphie des glandes salivaires au technétium 99: fixation dans les cystadénolymphomes

Imagerie:

Scanner, intérêt dans la localisation de la tumeur. Aspect homogène ou hétérogène, kystique ou plein
- Échographie
- Sialographie pour le diagnostic différentiel avec les étiologies lithiasiques ou les parotidites chroniques
- Cyto-ponction

Démarche diagnostique:

Examen anatomopathologique indispensable :

Pour certains, biopsies à l'aiguille (controversée).

Lobectomie superficielle avec analyse extemporanée.

Traitement des tumeurs des Glandes salivaires :

Structure adaptée aux soins:

Hospitalisation en milieu chirurgical.
- Les tumeurs bénignes de la parotide seront traitées par parotidectomie superficielle exo-faciale. Pour certains, l'adénome pléomorphe doit être considéré comme une tumeur à potentiel malin justifiant une parotidectomie totale avec respect du nerf facial.
- Tumeur maligne: parotidectomie totale avec curage ganglionnaire. Le nerf facial est respecté si sa gaine n'est pas envahie. Une radiothérapie de la base du crâne peut être proposée en fonction des résultats histologiques. Un drain de Redon et Jost est mis en place pour 24 à 48 h. Antibiothérapie péri-opératoire inutile, sauf terrain particulier
 
Restriction d'activité:  Repos.

Surveillance des  tumeurs des Glandes salivaires :

Modalités de la surveillance:

- Tumeur maligne, surveillance tous les 4 mois la première année puis tous les 6 mois pendant 3 ans puis une fois par an
- Tumeurs bénignes: une fois par an pendant 5 ans
- Surveillance habituelle des lésions néoplasiques (deuxième localisation, métastases...)

Complications:

- Syndrome de Frey (hypersudation perprandiale): apparaît dans plus de 20% des parotidectomies.
- Parésie faciale résolutive en moins de 6 mois.
- Persistance d'une dépression dans la région de la parotidectomie. Celle-ci peut être comblée par un lambeau musculaire ou du tissu graisseux.
- Lésion du grand hypoglosse, du nerf lingual au cours de la dissection de la glande sous-maxillaire.
- Récidive de l'adénome pléomorphe si l'exérèse n'est pas absolument complète, surtout s'il existe des prolongements glandulaires.
- Névralgie du trijumeau.
- Paralysie temporaire du nerf facial après dissection.
- Récidive tumorale.

Évolution et pronostic:

- Les adénomes pléomorphes non traités dégénèrent dans 2 à 10% des cas en 20 ans.
Lorsqu'ils sont traités, il existe 1,5% de récidive.
- Le pronostic des tumeurs malignes dépend de la précocité du diagnostic, du type histologique et de l'existence de métastases ganglionnaires.
- Tumeurs épithéliales: métastases régionales et à distance rares. Survie à 5 ans de 75%, de 55% à 15 ans.
- Tumeur muco-épidermoïde de faible malignité (bien différencié). Survie à 5 ans de 90% et de 48% à 15 ans.
- Tumeur muco-épidermoïde à malignité élevée (indifférenciée) survie à 5 ans de 46%, de 25% à 15 ans.
- Carcinome adénoïde cystique (cylindrome). Métastases ganglionnaires au premier examen dans 15% des cas. Mauvais pronostic dû à l'infiltration .locorégionale, aux métastases précoces, régionales et à distance (poumons, cerveau, squelette) et à l'inefficacité de la radiothérapie et de la chimiothérapie.
- Au niveau de la parotide, survie à 5 ans de 73% et de 21% à 15 ans.
- Au niveau de la glande sous-maxillaire, survie à 5 ans de 50% et de 0% à 15 ans.
- Adénocarcinome: survie à 5 ans 78%; à 20 ans 41%.
 

Facteurs liés à l'âge:

- Enfant: l'hémangiome est la tumeur la plus commune chez l'enfant, suivie par l'adénome pléomorphe. La tumeur muco-épidermoïde est la plus fréquente des tumeurs malignes.
Mots clés de l'article : Tumeur | Cancer. |

Dans la rubrique Guide des consultations

Gingivite

Gingivite

Mal des transports

Mal des transports
Les avis des lecteurs
drsannaa Ajouté le 2013-04-04 11:03:58
oui c vrai , on dirai merciiii
Dr Marrakchi Ajouté le 2013-04-03 15:55:06
Bonjouril y a des nuances à expliquer et faire la part entre tumeurs et tumefaction.dans les tumeurs des glandes sousmaxillaires, les tumeurs malignes sont plus frequentes.plus la glande salivaire est petite, plus il y a un risque de cancerisation.le bilan inflammatoire n'a pas d'interet.le bilan autoimmun sauf si terrain connu exemple Syndrome Gougerot Sjogren favorable pour un lymphome. l'IRM cervicale est obligatoire pour les tumeurs parotidiennes.Il y a le PET Scan actuellement qui est demande dans le cadre du bilan d'extension à distance.la Radiotherapie n 'est pas obligatoire. Ca depend du type histologique, du grade de malignite, Il y a d'autres remarques à faire sur la prise en charge et la surveillance.On ne peut pas parler des tumeurs des glandes salivaires en vrac,il faut faire la part entre les differentes localisations.

Votre réaction sur le sujet


Votre Pseudo


Votre mail


Message

* Les messages postés sont soumit a des conditions



Recevez chaque semaine sur votre boite de reception les dernieres actualités médicales.
Agenda Scientifique
Dossier
>Basique
Jeudi 01 Nov. 2018
Maladie et syndrome
A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z