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Toxicités cutanées des traitements anticancéreux

Par Dr Pierre FRANCES

Toxicités cutanées des traitements anticancéreux

Publié le Samedi 16 Nov. 2013


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Toxicités cutanées des traitements anticancéreux - Oncologie.



Compte tenu d’un panel thérapeutique très largement étoffé en cancérologie, avec la venue de l’immunothérapie, des thérapies ciblées, la peau est fortement touchée.

La toxicité cutanée des agents cytotoxiques est connue de longue date. Par  contre les effets secondaires sur la peau des thérapies ciblées sont très récents, et méritent une évaluation.

 

  1. L’alopécie et autres atteintes des cheveux. L’alopécie est très connue et souvent redoutée par les patientes. Les cytotoxiques sont jugés responsables de cet inconvénient. Cependant, le plus souvent une repousse des cheveux à l’arrêt du traitement est observée. Le port d’un casque réfrigérant permet, par le biais de la vasoconstriction réflexe, de diffuser les agents cytotoxiques au niveau des cheveux. Néanmoins, cette utilisation n’a d’intérêt que pour les chimiothérapies courtes injectables. Il semblerait qu’un développement métastatique pourrait être favorisé par cette vasoconstriction réflexe. Les thérapies ciblées ralentissent la pousse des cheveux, modifie leur couleur et leur texture, mais ne favorisent pas le développement d’une alopécie. Le sunitinib « blanchit » les cheveux, mais de manière temporaire. Les inhibiteurs de l’EGFR favorisent une hypertrichose de visage, et une trichomégalie ciliaire. 
  2. Les atteintes unguéales. Des onycholyses sont objectivées sous capécitabine, les anthracyclines, et les taxanes (qui donnent aussi des paronychies). Souvent l’ongle décollé est douloureux, d’où la nécessité de les couper, ou de recourir avant la chimiothérapie à des gants et chaussettes réfrigérants. Les EGFR donnent dans 30% des cas des paronychies. Il s’agit souvent de bougeons charnus, mais aussi d’ongles incarnés. Dans ces cas, il faut favoriser une exérèse des ongles atteints, et limiter la pression sur ces ongles.
  3. Le syndrome main-pied. Il se rencontre suite à l’administration des thérapies ciblées (inhibiteurs de BRAF). Dans ces cas, on note des dysesthésies, des érythèmes, des desquamations. Il existe un caractère hyperkératosique sur les zones d’hyperpression (talon et avant-pied). Pour améliorer cet état il faut demander à une pédicure d’intervenir. En parallèle, on peut conseiller le port de chaussures confortables, mais aussi prescrire des émollients kératolytiques (à base d’acide salicylique). On peut aussi préconiser l’utilisation des gants et chaussettes réfrigérés.
  4. La folliculite. Elle s’observe souvent suite à la prescription des anti-EGFR. Elle peut se retrouver chez la totalité des patients ayant ces molécules. Les lésions sont papulo-maculeuses au niveau du tronc et du visage et portent « à tort » le nom d’acnée (car il n’existe pas de comédons). D’autres agents plus anciens (5FU, méthotrexate, anthracyclines) donnent des formes plus diffuses. Souvent l’importance de la folliculite est à mettre en parallèle avec une bonne réponse de la chimiothérapie. Le traitement repose essentiellement sur des crèmes émollientes, et des antibiotiques (cyclines exclusivement). Les dermocorticoïdes peuvent être utiles en cas de poussées inflammatoires. Dans certaines situations, il est nécessaire de réduire la posologie des agents chimiothérapeutiques.
  5. Les lésions tumorales bénignes et malignes. Les kératoses déjà existantes peuvent devenir inflammatoires, ou d’autres peuvent apparaître avec les agents cytotoxiques (5 FU, anthracyclines, capécitabine, taxanes, fludarabine, cisplatine, dacarbazine, vincristine, cytarabine, hydroxyurée). Les inhibiteurs du BRAF, le sorafenib donnent des hyperkératoses. Cependant dans 25% des cas il peut y avoir des évolutions en lésions carcinomateuses de bas grade comme les kératoacanthomes, ou des carcinomes épidermoïdes cutanés. Un caractère éruptif des naevi est parfois objectivé sous inhibiteurs du BRAF. Aussi, il est nécessaire pour ces patients d’effectuer une évaluation régulière de la peau et des muqueuses.

 

D’après l’exposé de Mateus C. Service de cancérologie. Institut Gustave Roussy. Paris.

Par le Dr FRANCES Pierre. Médecin généraliste. F. 66650. Banyuls sur mer.

Mots clés de l'article : Cancer | Alopécie | Folliculite | Kératose |

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