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Le stress oxydants et les antioxydants

Par Dr Lanasri sabrina

Le stress oxydants et les antioxydants

Publié le Mercredi 21 Janv. 2015


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Le stress oxydants et les antioxydants - Nutrition.



 
Le stress oxydant, les radicaux libres, les espèces oxygénées activées et les antioxydants sont devenus des termes familiers que sa soit dans le milieu médical ou dans la population générale.
 
Le stress oxydatif se définit comme étant un déséquilibre profond de la balance entre les pro-oxydants et les antioxydants en faveur des premiers, ce qui conduit à des dégâts cellulaires irréversibles. La réduction univalente de l’oxygène résulte dans la formation d’espèces oxygénées activées (EOA) dont font partie les radicaux libres (anion superoxyde, radical hydroxyle), le peroxyde d’hydrogène et l’oxygène. Toutes ces espèces sont potentiellement toxiques pour l’organisme car elles peuvent inactiver des protéines, induire des cassures au sein de l’ADN avec, comme conséquence une altération du message génétique, dégrader les sucres, oxyder les lipoprotéines et initier les processus de peroxydation lipidique au sein de la membrane cellulaire en s’attaquant aux acides gras polyinsaturés. [1]
 
Une production excessive des produits oxydants endommage les fonctions cellulaires, mais d’un notre coté la présence d’une faible concentration des produits oxydants est importante pour le maintien d’un statut redox cellulaire normal, les fonctions tissulaires et les processus de signalisation intracellulaire tels que ceux responsables à l’action de l’insuline [2]. 
 
Parmi les processus de défense contre le stress oxydant est leur captation par des systèmes non enzymatiques tels que les vitamines C et E, les caroténoïdes, les polyphénols ,                  le glutathion réduit, et plusieurs enzymes dont les plus importantes sont les enzymes superoxyde dismutases (SOD),  glutathion peroxydase, catalase et les peroxiredoxines , protégeant les tissus .
 
 
 
 
-Un essai randomisé en double aveugle et contre placebo réalisée sur une population de 7.887 femmes âgée entre (35-60 ans) et 5.141 hommes âgé entre  (45-50 ans). 
L’étude  a commencé en 1994  et durant 8 ans, son but était de tester l’impact d’un apport d’un complexe d’antioxydants et d’oligo-éléments à doses nutritionnelles (b-carotène : 6 mg/j, vitamine C : 120 mg/j, vitamine E : 30 mg/j, sélénium : 100 μg/j et zinc : 20 mg/j) sur l’incidence des cardiopathies ischémiques et des cancers. Les résultats ont été publiés en 2006 [3].
 
- L’étude a révélée que le faite de prendre un complexe d’antioxydants à des doses nutritionnelles apporte un avantage seulement chez les sujets qui présentent des valeurs sanguines basses en antioxydants, par contre chez les sujets dont le statut initial en antioxydants était dans les normes, l’effet d’une supplémentation n’est pas décelable, voire  même s’accompagne d’un effet défavorable qui dans cette étude s’est révélé par le cancer de la peau. Cet aspect essentiel n’avait jamais été démontré auparavant.
 
- Une autre étude d’une équipe  suédoise a reconstitué le mécanisme par lequel la vitamine E et un autre antioxydant stimulent la progression des tumeurs du poumon chez des souris. L’action des deux substances serait paradoxale. D’un côté, grâce à leur effet antioxydant, elles réduiraient la production de radicaux libres et les dommages à l’ADN au sein des cellules, empêchant l’expression  d’un gène protecteur p53. Celui-ci ne déclencherait donc pas la synthèse d’une protéine qui réduit la prolifération cellulaire. Les souris qui avaient reçu des antioxydants dans l’étude suédoise présentaient ainsi des tumeurs pulmonaires plus nombreuses [4].
Toutes ces observations montrent la nécessité de connaître le statut sanguin en antioxydants d’un sujet avant de lui conseiller une supplémentation en antioxydants, quelle que soit sa nature.
 
-Ils existent des méthodes directes mesurant les réactions impliquées en temps réel mais elles sont difficiles et onéreuses [5]. Les techniques indirectes sont plus souvent utilisées et mesurent des biomarqueurs ou des produits finaux des processus médiés, donnant ainsi une estimation de l’importance du stress oxydant.
 
Ces biomarqueurs incluent les enzymes superoxyde dismutases, catalase, glutathion
réductase, glutathion peroxydase, les concentrations de glutathion et des vitamines
antioxydantes, la peroxydation des lipides, et la concentration en nitrite et de protéines
glycosylées de manière non enzymatique. La mesure de la peroxydation des lipides et de
l’oxydation des protéines sont les indicateurs les plus courants du dommage oxydatif.
 
Enfin ,au vue de ces données , il est incontestable que c’est par une alimentation saine ,mais aussi par une hygiène de vie appropriée que nous pouvons bénéficier des effets protecteurs des antioxydants naturels ,  il faut aussi garder à l’esprit que la prise de suppléments d’antioxydants (surtout au long cours et à fortes doses), chez des sujets qui n’en ont pas obligatoirement besoin, pourrait avoir des effets négatifs, contraires à ceux attendus. Ceci a été retrouvé dans plusieurs études, notamment portant sur des populations à haut risque de cancers.
 
Auteur :
Dr Lanasri sabrina 
Pharmacienne Spécialiste en Hydrologie et Bromatologie 
 
Bibliographie :
[1]. Pincemail J, et al. Espèces oxygénées en médecine humaine: une approche didactique. Vaisseaux, Coeur, Poumon 1998; 3: 133–8.
[2]. Yu, B.P., Cellular defenses against damage from reactive oxygen species.Physiol Rev, 1994. 74(1): p. 139-62.
 [3]. Hercberg S,Stress oxydant L’étude SU.VI.MAX, un essai contrôlé randomisé, en double aveugle, testant l’effet de la supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants sur la santé The SU.VI.MAX study, a randomized, placebo-controlled trial on the effects of antioxidant vitamins and minerals on health. Annales Pharmaceutiques françaises, 2006, 64, 397-401.                                                   
[4].  Sayin VI, Ibrahim MX, Larsson E et coll. Antioxidants accelerate lung cancer progression in mice. Sci Transl Med 2014 ; 6 (221) : 221ra15.                                                                                                     [5]. Halliwell, B. and M. Whiteman, Measuring reactive species and oxidative damage in vivo and in cell culture: how should you do it and what do the results mean? Br J Pharmacol, 2004. 142(2): p. 231-55
Mots clés de l'article : Stress |

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Bouhedli Mohamed Nassim Ajouté le 2016-09-26 22:03:55
Merci pour l'article de la part de Mr Bouhedli Mohamed Nassim

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