Santé et Médicament

Mise au point :: [ Mise au point ]

25681 lectures

Le prurit vulvaire: Un motif fréquent de consultation

Par Dr FRANCES Pierre

Le prurit vulvaire: Un motif fréquent de consultation

Publié le Samedi 31 Janv. 2015


Le prurit vulvaire: Un motif fréquent de consultation sur facebook
Le prurit vulvaire motif de consultation et différents types - Dermatologie.



Le prurit est une sensation désagréable qui nécessite un interrogatoire pour déterminer l’âge de la patiente, ses antécédents personnels et familiaux, les dermatoses inflammatoires associées (psoriasis, lichen, dermatite atopique).
 
L’examen de la vulve est une étape incontournable. On recherche le siège des lésions, la morphologie, et l’association à d’autres lésions cutanées.
Cytologie et histologie sont importantes dans le cas de dermatoses inflammatoires ou dans le cas de suspicion de néoplasie.

Parmi les étiologies les plus fréquentes d’un prurit vulvaire nous retrouvons :

Les candidoses. Près de 75% des femmes souffrent au moins d’un épisode de candidose dans leur vie. La source de l’infection est le Candida Albicans, levure saprophyte qui devient pathogène pour diverses raisons : les antibiotiques, le stress, les rapports sexuels. On note des leucorrhées blanches « lait caillé ». Il peut y avoir une vulvite parfois œdémateuse. L’érythème s’étend aux petites lèvres et au périnée. Le traitement repose sur les imidazolés locaux (ovules) ou généraux (fluconazole). Dans les formes récidivantes un traitement préventif hebdomadaire pourra être administré durant 3 à 6 mois.
L’herpès vulvaire. Il se manifeste par des érosions douloureuses parfois associées à un prurit en période prééruptive. Les traitements antiviraux permettent d’écourter les poussées.

A côté de ces causes, il faut penser aux dermatoses inflammatoires :

La lichénification. C’est une dermatose vulvaire fréquente. Pour certains, c’est la manifestation de la dermatite atopique. On note un prurit chronique et récidivant. La peau s’épaissit et sa couleur est rose pâle ou pigmentée. Les lésions siègent au niveau des grandes lèvres surtout. Le traitement repose sur la corticothérapie locale.
Le psoriasis. La forme vulvaire est prurigineuse, et cette dermatose est visible au niveau du versant pileux des grandes lèvres. Les lésions sont érythémateuses épaissies et de contour net. Le traitement repose sur une corticothérapie locale et une bonne hydratation.
Le lichen scléreux (LS). C’est une maladie auto-immune des plus de 50 ans. Le prurit est associé à une dyspareunie. Le LS siège au niveau de la face interne des grandes lèvres. La peau est pâle, atrophique, et des synéchies sont parfois objectivées. 60% des carcinomes épidermoïdes découlent de cette affection. Le traitement est basé sur les dermocorticoïdes. La chirurgie est utile pour éliminer les foyers de résistance, et éviter les conséquences de remaniements anatomiques comme les synéchies.
Le lichen plan. Deux formes vulvaires sont individualisées : la forme unique avec des papules violacées planes et non érosives, et une disposition annulaire en « feuille de fougère », et la forme associée à des signes cutanéo-muqueux. Les dermocorticoïdes sont les traitements de choix.
Les dermites de contact. Elles sont rares, et elles sont améliorées par les corticoïdes locaux.

Les prurits vulvaires et néoplasies

Les néoplasies intra-épithéliales ou VIN.  Les VIN communes sont dues au HPV 16 surtout. Les lésions sont souvent rouges, roses, blanches ou pigmentées. La transformation maligne concerne 5% des patientes. Le traitement repose sur la chirurgie, l’électrocoagulation, la cryothérapie, la vaporisation par le laser. Pour des lésions minimes l’imiquimod est utilisé. Les VIN différenciées  ne sont pas dues à des virus. Elles sont associées à des lichens (scléreux ou plan).
La maladie de Paget. C’est adénocarcinome intraépidermique des femmes de plus de 65 ans. Dans 80% des cas il s’agit d’une forme épithéliale simple, et les risques métastatiques sont très faibles. Des formes invasives peuvent exister. Dans ces cas, des brûlures sont associées au prurit.  Des plaques rouges ou roses érosives sont objectivées. L’exérèse des lésions conduit à des récidives dans 40% des cas ; d’où l’intérêt de travailler avec une équipe spécialisée.
Si aucune cause n’est retrouvée, on parle alors de prurit sine materia. Cette entité reste rare.
 

AUTEURS

FRANCES Pierre médecin généraliste 1 rue Saint Jean Baptiste 66650 Banyuls sur mer. 
D’après l’exposé de Moyal-Barracco M. Service de dermatologie. CHU Cochin de Paris.
Mots clés de l'article : Prurit vulvaire |

Dans la rubrique Mise au point

 Ebola Virus : Symptômes et manifestations cliniques

Ebola Virus : Symptômes et manifestations cliniques

Les causes de la fibromyalgie

Les causes de la fibromyalgie
Les avis des lecteurs

Votre réaction sur le sujet


Votre Pseudo


Votre mail


Message

* Les messages postés sont soumit a des conditions



Recevez chaque semaine sur votre boite de reception les dernieres actualités médicales.
Agenda Scientifique
Dossier
>Basique
Mercredi 30 Nov. -1
Maladie et syndrome
A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z