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Dépistage de la luxation congénitale de hanche

Par Dr Oumenkhache Mahmoud Abderzak

Dépistage de la luxation congénitale de hanche

Publié le Jeudi 17 Avril 2014


Dépistage de la luxation congénitale de hanche sur facebook
Dépistage de la luxation congénitale de hanche - Pédiatrie.



Introduction

 

Définition

Perte de contact entre les surfaces articulaires (tête fémorale – cotyle)

 

 

Intérêt


•         Fréquence

•         Sexe: prédominance féminine +++

•         Diagnostic:

•         Traitement:

 

Pathogénie:

•         L’affection se constitue in utero, lorsque les contraintes mécaniques sont au maximum (appui de la paroi utérine sur les hanches de l’enfant).

              « posture luxante »

•      Une origine génétique est souvent invoquée ; sans parler de véritable hérédité.

•         À la naissance, une luxation est ou n’est pas présente.

•         Une hanche normale n’évoluera pas, comme on l’avait longtemps pensé, vers une luxation à l’âge de la marche, (d’où le caractère illogique des traitements dits « préventifs », qui en fait compensaient en partie l’absence de dépistage !)

Dépistage:

« Tout a été dit, mais, comme personne n’écoute, il faut toujours recommencer ! »

 Paul Valéry

Population cible:

•         Tout N-né

•         Tout NRS

•         À chaque visite médicale jusqu’à l’âge de la marche.

Techniques de dépistage:

•         Interrogatoire

•         Examen clinique ++++++++

•         imagerie

Interrogatoire :

Facteurs de risques: Leur liste a été hypertrophiée :

•         Une malposition simple du pied,

•         Une grossesse gémellaire

•         Le sexe féminin

•         Gros poids de naissance

Seuls sont retenus actuellement:

•         Une asymétrie de l’abduction

•         Une hypertonie des adducteurs

•         une présentation du siège

•         Des antécédents familiaux caractérisés,

•         Un signe net de conflit postural (torticolis, genu recurvatum)

Si l ’enfant se tient toujours la tète du même cote se méfier de la hanche contro-latérale

 

 

EXAMEN CLINIQUE :

« Nous devons devenir des « toucheurs » de hanche »M. Ortolani

 

DE LA THALASSEMIE A LA LUXATION CONGENITALE DE HANCHE:

 

Marino ORTOLANI décrit le premier cas européen, de la maladie de COOLEY et c'est le même enfant, qui fut à l'origine de son intérêt pour la LCH. La mère de celui-ci se plaignait qu'en le changeant, elle entendait et percevait au niveau de la région périnéale un ressaut

Condition de l’examen:

•         Bébé tout nu sur un plan dur

•         Relâchement musculaire (tétées)

•         Expliquer aux parents, dans le but de les rassurer, que les manœuvres pratiquées sont indolores

Cet examen comporte 3 temps :

1-l’inspection:

Apprécier, non pas une asymétrie des plis cutanés ou fessiers (caractère potelé), mais la position spontanée des 2 MI avec déviation en coup de vent d’un côté « bassin asymétrique congénital ».

 Rechercher un raccourcissement d’un membre inférieur.

Le bassin asymétrique congénital
Ce n’est pas une luxation , mais une hanche a risque

 

 

2- l’étude de l’abduction:

Hanche normale:                                                                                                                                                                                                                          

•         Stable

•         Abduction de 70 à 90 °

Hanche pathologique:

•      Asymétrie d’abduction

•      Hypertonie des  adducteurs:   20-45 °

•      Limitation de l’amplitude de l’abduction:  Â < 60°

•         l’instabilité de la hanche:++++

Une hanche est dite instable quand la tête fémorale est sortie ( H. luxée) , ou peut sortir ( H. luxable) en totalité ou en partie de la cavité cotyloïdienne.

 

•         Le signe du ressaut (décrit par Le Damany dès 1912 mais popularisé par Ortolani en 1936, et portant son nom)

 

Empaumé les genoux et les cuisses fléchies à 90°

Pouce sur le condyle interne majeur sur le grand trochanter

  1.  Abduction + pression sur le trochanter

 2.  Adduction + pression sur le condyle fémoral

•         Ressaut de dedans en dehors: hanche luxable

•         Ressaut de dehors en dedans: hanche luxée réductible

 

Test de Barlow (1962)+++

•         Main « fémorale »: empaume le genou, cuisses et genoux fléchis. Index et majeur au niveau du grand trochanter, le pouce au niveau de la face interne de la cuisse

• Main« pelvienne »: stabilise le bassin le pouce au niveau du pubis et les quatre doigts au niveau du sacrum

Quatre éventualités cliniques:

•         Hanches cliniquement normales

•         Luxation (instabilité)

•         L’examen est douteux

•         l’examen clinique est normal, mais des facteurs de risque mentionnés plus haut sont présents.

Ces deux dernières situations justifient une surveillance rigoureuse

•         L’IMAGERIE

L’essentiel est invisible pour les yeux —Saint Exupéry (Le petit Prince).

 

                

•         L’échographie:

Cet examen, jamais systématique, sera pratiqué au terme du premier mois (par rapport au terme corrigé) dans les cas suivants :

•         hanche normale avec « facteur de risque »

•         hanche instable

Dans les cas où l’échographie ne serait pas déterminante (petite laxité ou hanche « immature »), il faudra la renouveler

ou mieux, proposer une radiographie conventionnelle de contrôle à l’âge de 4 mois

Technique:

•         Sonde haute fréquence

•         Etude statique et dynamique

La mesure de Graf: La plus ancienne , basée sur des lignes de mesure tracées sur la coupe de référence frontale externe.

La mesure de la couverture osseuse (CO) à 1 mois doit être > 50%

 

Coupe frontale externe :

 

Les lignes de mesures sont les suivantes :

  1. la ligne de base qui joint l’encorbellement avec le point où le périchondre se transforme en périoste de l’os iliaque ;
  2. la ligne du toit osseux qui joint le bord inférieur de l’os iliaque au point le plus externe de l’encorbellement osseux ;
  3. la ligne du toit osseux cartilagineux qui unit l’encorbellement osseux et la base du limbus.

 

 

La construction de ces trois lignes permet de définir deux angles :

• l’angle αconstitué par la ligne du toit osseux et la ligne de base. C’est l’angle de CO qui doit être ≥60?.

• l’angle βconstitué par la ligne du toit cartilagineux et la ligne de base. C’est l’angle de l’auvent cartilagineux ≥ 55?

 

Le fond cotyloïdien:

La distance entre la partie interne de la tête cartilagineuse et la branche pubienne

•         mesure simple,

•         invariable avec le plan de coupe, parfaitement reproductible, et dont le diamètre se situe entre 4 et 5mm.

 

 

 

FC ≤ 6 mm

sensibilité 100%

spécificité 91%

 

•         Avant l'apparition des points d'ossification des têtes fémorales, on trace la ligne de Putti, perpendiculaire à la ligne des Y, tangente au bord interne de la métaphyse fémorale. Cette ligne doit couper le toit du cotyle dans sa moitié interne

•         Avec l'apparition des points d'ossification des têtes fémorales: on trace la ligne d'Ombrédanne, le noyau de la tête fémorale doit être dans le quadrant inféro-interne. S'il est dans l'un des quadrants externes, la hanche est excentrée.

                         

Construction d’Ombrédanne :

•         La ligne joignant les cartilages en Y (Y, Y’) passe entre les deux dernières pièces sacrées.

•         La ligne d’Ombrédanne (O, O’) est la perpendiculaire à la ligne Y, Y’ abaissée au talus (1). Le cintre cervico-obturateur est continu

A. Hanche normale

B. Hanche luxée

 

PEC :

•         Buts:

•         Réduire la tête fémorale dans le cotyle

•         Stabiliser la hanche

•          Corriger la dysplasie cotyloïdienne associée

Aucun traitement n’est anodin    :   ostéochondrite

 

Indications :

Nouveau-né

•         Hanche luxée irréductible:

•         Attendre l'âge de 3 à 4 mois pour une traction progressive au zénith suivie d'un plâtre pendant 4 mois.

.

•         Hanche luxée réductible

C'est une urgence orthopédique.

Langeage strict en abduction-flexion.

Si les adducteurs sont rétractés, on préférera le harnais de Pavlik.

Au 4e mois, si l'évolution est favorable, on poursuivra la posture en abduction la nuit seulement pendant 2 à 3 mois.

 

•         Hanche luxable ou sub-luxable

Surveillance clinique et radiologique.

Hanches à risque

Surveillance clinique et échographique puis radiologique à partir du 4e mois.

Si déplacement:

-Langeage

-Harnais de Pavlik

 

Nourrisson

•         Luxation irréductible

Traction au zénith suivie d'un plâtre pendant 4 mois puis relais par des attelles à hanches libres.

•         Luxation réductible: Harnais de Pavlik

•         Subluxations : Attelles de Petit avec écart progressif.

 

Grand enfant après la marche

•         La chirurgie est presque toujours nécessaire: Ostéotomie de Salter

 

Conclusion:

Redoubler l ’attention pour le dépistage

•         en le faisant bien

•         en le répétant

•         en s’aidant de l ’échographie

Références:

•         Luxation congénitale de la hanche – brochure publiée par le Comité

•         français d’éducation pour la santé (direction générale de la santé) – Paris

•         Conférence de consensus sur le dépistage de la luxation congénitale

•         de hanche — Paris 4 novembre 1991 (ANAES).

•         Ferran J.L., Couture A., Baud C. La luxation de hanche : imagerie. In : « La

•         maladie luxante de la hanche de l’enfant », A. Diméglio editor. Paris :

•         Masson ; 2000. p. 63–100.

•         Kohler R. Passé, présent et avenir de la luxation congénitale de hanche ; les

•         vrais enjeux du dépistage — Pédiatrie, 1990, tome 45, pages 1–3.

•         Seringe R. Dysplasie et luxation congénitale de la hanche—Encyclopédie

•         médicochirurgicale — Elsevier Paris Pédiatrie 4007 E10 — 2 — 1999 —

•         30 pages.

•         Dépistage de la luxation congénitale de hanche  chez le nourrisson Archives de pédiatrie 10 (2003) 913–926

 

Auteur :

Dr Oumenkhache Mahmoud Abderzak 

Pédiatre en unité de néonatologie au niveau du CHU Nafissa Hamoud ex Parnet
Mots clés de l'article : Luxation | Hanche | Dépisatage |

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